Le Château de Coussay

Publié le par M Thibault

 



1 Origine du prieuré de Coussay


En juin 837, la «villa» de Coussay est donnée par le Roi Louis le Pieux à
l’abbaye de Cormery en Touraine. Quelques moines y vivent en communauté, en y développant une exploitation agricole.
Mais, peu à peu, les ressources diminuent, et la guerre de Cent ans  provoque une misère générale dans les campagnes. En 1338, il ne reste qu’un seul moine avec le prieur, et par la suite, c’est un vicaire qui dessert le prieuré.
C’est au début du XVIème siècle que Denis Briçonnet, Prieur de Cormery et  Evêque de Saint Malo, fit édifier le château tel que nous le voyons aujourd’hui (seules adjonctions sur la façade N-O : la porte et l’escalier y menant, ajoutés au XVIIème par Richelieu, et la 2ème fenêtre à gauche de la porte). Denis Briçonnet ayant séjourné plusieurs années à Rome comme ambassadeur, le château porte l’empreinte de la Renaissance italienne.
Durant le règne de François 1er, la famille Duplessis, habitant la terre voisine de Richelieu, se montre d’un dévouement inlassable. En récompense, le bénéfice du prieuré lui est accordé par le Roi vers 1543, et devient ensuite un bien héréditaire.
C’est ainsi qu’Armand Duplessis, le futur Cardinal de Richelieu, hérite ce bénéfice de son oncle, alors qu’il vient d’être nommé Evêque de Luçon, à l’âge de 22 ans (1607).





2 Le Cardinal de Richelieu


Il vient à Coussay pour la première fois en 1608. En 1610, il s’y réfugie   après son échec auprès de la Reine Régente. Coussay est sa demeure de prédilection quand il est loin de la Cour. Il y prépare ses projets politiques, restant en contact avec ses amis : Chasteignier de la Roche-Posay, Evêque de Poitiers, et son premier vicaire, du Vergier de Hauranne, qui assurent son élection aux Etats Généraux de 1614 comme délégué du Clergé. En novembre 1616, il est secrétaire d’état à la Guerre et aux Affaires Etrangères. Mais, en avril 1617, Concini, conseiller contesté de la Reine Mère, est assassiné. Richelieu est alors chassé par Louis XIII. Il part avec la Reine Mère à Blois, puis trouve plus sage de se réfugier à nouveau à Coussay d’où il s’emploie à se disculper auprès de Louis XIII, soit directement, soit par l’intermédiaire du Père Joseph, son «éminence grise». C’est alors qu’il rédige en six semaines en sa  «Maison de campagne», et dédie au Roi, son livre «Les principaux points de la Foy
en l’Eglise Catholique défendus contre l’escrit adressé au Roy par les quatre ministres de Charenton». C’est à Coussay aussi qu’il rédige l’essentiel de  «L’Instruction du Chrétien».
En avril 1618, se sentant en danger, il propose son exil qui est accepté, et
quitte Coussay pour Avignon le vendredi saint.
En mars 1619, il réapparaît. Au cours des réconciliations successives avec le Roi et la Reine Mère, celle-ci passe même quelques jours à Coussay en juin 1621.En 1623, absorbé par les affaires de l’état, il abandonne son Evêché de Luçon et ne revient plus à Coussay.




3 De Richelieu à la Révolution

Quand Richelieu meurt en 1642, conformément à sa demande, Coussay est donné au Sieur Jean de Sazilly. Celui-ci y vit pendant une cinquantaine d’années et y donne de grandes fêtes. A la mort de Jean de Sazilly, les prieurs cessent d’habiter Coussay, et l’abbaye confie terres et château à un Fermier Général. De 1710 à 1791, quatre Fermiers Généraux s’y succèdent.




4 De la Révolution à nos jours

Au moment de la Révolution, le château est vendu comme Bien National. Mais l’acquéreur se révélant insolvable, Bonaparte reprend le château comme Sénatorerie. A la Restauration, le château redevient Bien de la Couronne. En 1830, il est vendu à un fermier des environs. De 1830 à 1903, plusieurs propriétaires se succèdent, mais le château n’est utilisé que comme ferme et comme grange, et se délabre peu à peu. En 1903, il est vendu à Louis Tristant, notaire à Mirebeau, arrière-grand-père des propriétaires actuels. Louis Tristant effectue alors les travaux indispensables au sauvetage urgent des toitures et charpentes.
En 1949, les façades et les toitures du château, les douves et leurs tourelles d’angle, et l’oratoire de Richelieu, situé au 2ème étage du Donjon sont classés Monument Historique. Avec l’aide de l’état, de premiers travaux de toiture sont effectués, sur le Donjon essentiellement. Puis, les tourelles Nord sur les douves sont remises en état. De 1989 à 1995 la réfection totale des charpentes et des toitures du corps principal a été réalisée avec l’aide, également, du Conseil Général de la Vienne. En 2005-2006, la réfection totale des toitures des tours Nord et Ouest a été
effectuée, et la toiture de la tour Sud est actuellement en cours de travaux.









      














  

















            



      

   
     

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Publié dans patrimoine

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